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ECRITURE(S) ET PSYCHANALYSE : QUELS RÉCITS ?

DU MERCREDI 6 JUILLET (19 H) AU MERCREDI 13 JUILLET (14 H) 2011 Au Centre Culturel International de Cerisy-La-Salle

DIRECTION : Françoise ABEL, Psychanalyste Maryse PETIT, Maître de Conférences à l’Université de Lille 2, Membre de l’équipe CECILLE

ARGUMENT :

Freud a rendu hommage aux écrivains qui, à leur façon, ont révélé des processus inconscients (Ibsen, Zweig, Schnitzler) et il a utilisé la psychanalyse comme outil d’approche de la littérature, quand il écrivit Délire et Rêves dans la Gradiva de Jensen. Des années 70 jusqu’à l’ironique ouvrage de P. Bayard : Peut-on appliquer la littérature à la psychanalyse ? (2003), il y a une histoire longue de l’examen des relations entre littérature et psychanalyse.

En revanche la question de l’écriture et de ses liens avec la psychanalyse mérite d’être réinterrogée à partir d’une confrontation de trois champs. Le premier consiste en cet exercice de la psychanalyse à l’endroit — et parfois à l’encontre — de la littérature (qu’en est-il, alors, de cette position de principe qui a longtemps fait de la psychanalyse la révélatrice de ce que l’auteur dit sans savoir qu’il le dit ?). Le second champ correspond à l’examen des processus d’écriture, quand l’auteur ne peut plus ignorer l’existence de l’inconscient à l’œuvre dans sa création (la psychanalyse et la littérature susciteraient alors plutôt des échanges sur la base de la supposition d’un savoir que l’autre détiendrait). Enfin, le troisième champ sollicite le récit, forme commune aux deux domaines (devront alors se voir évaluées la pertinence et la portée de l’usage d’un concept emprunté à la critique littéraire dans le champ de l’expérience analytique).

Si l’origine étymologique du terme "écriture" renvoie à la matérialité originelle — la trace —, le glissement vers la notion d’inscription en infléchit très vite le sens, l’inscription renvoyant à la fois à la nomination et à la transcription. Quel est statut de l’écriture si elle est écriture d’une parole, comme l’indiquait Pierre Fédida : "La parole dans la séance cherche pour interlocuteur le langage et non pas tant l’analyste en personne", la séance étant ainsi le lieu où le sujet trouve son propre langage et se constitue en tant que sujet par là même ?

Au regard de la psychanalyse, les paroles sont tout autant à lire que les écrits sont à entendre : entre le lisible et l’audible, il s’agira de questionner ce qui fait texte ou récit. Autrement dit, le questionnement sera triple : qu’est-ce qui se traite dans un récit littéraire, dans un roman, dans une écriture autobiographique ? qu’est-ce qui s’écrit dans une analyse, et après ? si c’est la création qui est thérapeutique, à quelles conditions et jusqu’à quel point ?

Nous tenterons aussi d’appréhender ce qui fait passage à l’invention, à la création, voire à l’œuvre, en nous interrogeant conjointement avec des praticiens de la critique génétique et des psychanalystes sur l’oscillation entre répétition et révélation : le texte détermine-t-il sa genèse, tout comme le récit le sens, dans un après-coup d’où surgit un "savoir insu" ? Nous attendons des réponses tant chez les théoriciens que chez les écrivains eux-mêmes.

Au-delà des conférences et des tables rondes, nous souhaitons proposer aux participants une source de réflexion commune en organisant deux types d’ateliers d’écriture : l’un d’eux sera consacré à un texte narratif, élaboré pendant la durée du colloque ; l’autre s’intéressera à différentes formes (essai, poésie, jeux sur le langage...).

Programme complet et intervenants :http://www.ccic-cerisy.asso.fr/ecriturepsy11.html

Inscriptions : http://www.ccic-cerisy.asso.fr/bulletininscription.html