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Écritures et dramaturgies du corps

Symposium international :

Écritures et dramaturgies du corps : violence, discordances, reconfigurations - Domaine anglophone

21 & 22 mars

Lille3 - Bâtiment F

Inscriptions ouvertes

Faut-il considérer la violence comme une des aventures que connaît le corps en littérature ou comme une épreuve qui permet de poser la question même de ce qu’est ce corps – un corps dont, singulièrement, le destin est d’être pris dans le langage et la langue ? A travers la violence que l’on subit, que l’on inflige ou que l’on s’inflige, le corps rencontre quelque chose qui ne lui est pas simplement extérieur, il découvre sa propre étrangeté, sa propre discordance. Insubordonné, il échappe aux codes dans lequel on voudrait l’enfermer, mais il défie aussi ce corps biologique auquel on il ne saurait être réduit. Que fait un corps dès lors que, sans raison apparente, il se brise, se divise, se morcelle, se pétrifie ? Que se passe-t-il quand la partie se prend pour le tout ou que le corps se fait tout entier rien, déchet ? Qu’advient-il lorsque le corps humain se frotte à l’inhumain et devient animal, machine, automate, poupée ? Si un organisme « fonctionne », le corps lui, semble essentiellement voué à souffrir ou à jouir ; encore reste-il à déterminer comment faire la part entre l’un et l’autre quand on sait le lien intime qui les unit. Se pourrait-il aussi que le corps se définisse essentiellement comme ce qui fait corps – comme ce qui tient ensemble envers et contre tout, qu’il fasse ou non un tout ?

On le comprendra, il ne s’agit pas simplement de s’intéresser au corps tel qu’il est représenté dans le texte mais de tenter de saisir comment ce corps affecte la représentation elle-même, et, plus largement, l’écriture et la lecture. Que peuvent les mots pour un corps qui n’échappe pas à la symbolisation et pourtant y demeure rebelle ou étranger ? En imaginant, en inventant, et en reconfigurant sans cesse le corps, faut-il considérer que l’écriture lui fait à son tour violence ou est-elle au contraire à même de rendre compte de l’altérité qui l’habite ? En tant que lieu du suspens et de la différence, le texte n’est-il pas ouverture à l’énigme que le corps constitue ? Et parce qu’il est aussi tissu, toile, filet à trous, ce texte n’est-il pas en mesure, le cas échéant, de suppléer à un corps défaillant, menacé par la dis location et l’effondrement ? Certaines parties du corps sont tout particulièrement sollicitées par l’écriture comme par la lecture : la main, l’œil, l’oreille. On se demandera comment précisément chacun de ces éléments façonne le texte dès lors que l’on accepte de ne point réduire celui-ci à une configuration sémantique. Le corps mis en jeu ou mis en scène peut se passer entièrement d’une scène réelle ; il peut au contraire trouver son aboutissement sur les planches d’un théâtre. On pourra tenter de penser le corps à travers la question de la présence et de l’absence, et, s’agissant de la représentation théâtrale, de l’effacement ou de l’affirmation de ce corps dans sa matérialité propre. Hormis les spécificités qui pourraient se marquer entre fiction, théâtre ou poésie, la question du genre se pose également à travers la mise en avant d’un corps érotisé, sexualisé, « genré » que la violence interroge avec une force particulière : on s’intéressera aux enjeux esthétiques et politiques qui découlent de la construction et de la représentation de ce corps sexué.

Site évenementiel

Renseignements et programme : fiona.mccann@univ-lille3.fr, alexandra.poulain@univ-lille3.fr

Image : Rita Duffy « The Relic »