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Langues, images et gestes plébéiens dans les arts et les politiques contemporains

Journée du 26 janvier 2017. Si l’opposition du maître et du serviteur est souvent étudiée dans le cadre des études littéraires ou cinématographiques, on néglige trop souvent l’importance du personnage plébéien, qui échappe à une dialectique de type hégélien (on suit ici un critère foucaldien, celui de « l’échappée », du « mouvement centrifuge »). Nous voudrions commencer à travailler autour de cette figure, mettre en valeur son insoumission face aux stratégies d’écrasement (le plébéien incarne précisément la figure de l’ingouvernable : une figure politique au fond, qui n’a pas sa place dans un monde régi par des règles d’assujettissement. Quand il devient un personnage littéraire, le plébéien est justement celui qui met en question les découpages traditionnels, il ne rentre pas dans les cases. Au niveau de la construction du livre ou d’un film, il faut montrer qu’il y a de « l’écart », du « jeu » dans la composition des œuvres, dans les choix stylistiques, dans le maniement de la langue, ou mieux : des langues). Tout d’abord, nous entendons organiser une journée d’étude pour poser le problématique et trouver aussi d’autres chercheurs intéressés à ce sujet, dans d’autres aires culturelles et d’autres disciplines. Le but étant d’organiser pour l’année universitaire prochaine un séminaire. L’enjeu est de montrer comment la plèbe est une catégorie à part entière pour penser la littérature et le cinéma. Nous serons particulièrement intéressés à déceler ces moments – très rares – où la plèbe se manifeste dans les romans, la poésie ou au cinéma. Ces modes d’apparitions qui prennent des tournures différentes (irruptions : révoltes, par exemple, ou, au contraire, manifestations par dérobement, et donc soustractions, silences) peuvent-ils configurer un art nouveau ? Autrement dit, le plébéien demeure un sujet comme un autre ou bien sa « difformité monstrueuse » crée de nouvelles manières d’expression ?