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Séminaire Dynamiques Sociales et Politiques en outre-Mer

Séminaire DYSPO

« Dynamiques Sociales et Politiques en Outre-Mer »

Soutenu par la MESHS dans le cadre des projets partenariaux, ce séminaire organisé par le laboratoire CECILLE- Lille 3 et le Centre de Recherche sur les Pouvoirs Locaux dans la Caraïbe (Université Antilles-Guyane) a pour ambition de favoriser le développement et la structuration de la recherche en sciences humaines et sociales sur les espaces dits « ultramarins » contemporains et de donner une meilleure visibilité au champ scientifique consacré à l’Outre-Mer.

Nous sommes heureuses de vous convier à la troisième séance du séminaire DYSPO (« Dynamiques Sociales et Politiques en Outre-Mer »).

Nous accueillerons

Pierre Odin (IEP de Paris)

qui nous présentera une communication intitulée

"Etudier l’activité protestataire au prisme du syndicalisme en Guadeloupe et en Martinique : frontières, jeux d’échelle et temporalités"

Résumé : S’inspirant des outils théoriques fournis par la sociologie des mobilisations et de l’action collective, les études récentes sur le syndicalisme insistent sur le rôle des syndicats dans le maintien de l’activité protestataire. Cette perspective possède, selon nous, un fort potentiel heuristique aux Antilles, notamment au regard de l’investissement des organisations syndicales au sein des coalitions apparues au cours des conflits de l’année 2009 en Guadeloupe et en Martinique : le Liyannaj Kont Pwofitasyon et le Kollectif 5 Févrié. Trop fréquemment évoquée en des termes culturalistes, les antagonismes qui sous-tendent la conflictualité sociale aux Antilles françaises ont refait surface à la faveur de la « grève des 44 jours », à l’aune d’une situation de crise inédite de par sa durée et l’amplitude de la mobilisation qui l’a accompagnée. Notre travail de thèse se propose, en étudiant les variations de la conflictualité sociale aux Antilles françaises au prisme d’une comparaison socio-historique du champ syndical et des orientations qui le traversent en Guadeloupe et en Martinique, de dresser les contours d’un univers contestataire original en évoquant les enjeux spécifiques liés au caractère colonial du pouvoir, et de la structure politique et économique des deux îles. Notamment, en envisageant le syndicalisme comme lieu historique d’insubordination propice au développement d’une politique indépendantiste aux Antilles françaises : de penser l’insubordination comme un facteur de cohésion et d’agrégation sociale qui permette aux organisations de dépasser leur défiance réciproque en vue d’une lutte commune, mais aussi d’impulser et de polariser les luttes en dehors du lieu de travail où s’exprime traditionnellement le registre syndical. Nous essaierons donc, en nous penchant plus spécifiquement sur les trajectories des militants syndicaux et en articulant différentes échelles d’analyse, d’apporter des éléments de compréhension des usages contestataires du registre syndical aux Antilles : fortement influencé par l’histoire commune aux organisations et les luttes menées dans le passé, mais également capable de mobiliser largement autour de lui en raison de l’implantation et de la capacité à aménager des espaces d’expression, de participation et d’expérimentation en fonction des configurations locales démontrée par les syndicats.

La séance aura lieu le

vendredi 14 février

de 14h30 à 16h30 à Lille

et de 10h30 à 12h30 à Schoelcher.

Elle se déroulera à l’Université Sciences humaines et sociales-Lille 3, Domaine du Pont de Bois, M° Pont de Bois, bât. B, 2e étage, salle de visioconférence B2.273