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Séminaire Lille-Gand : Les éléments (eau, terre, air, feu) et leur fonctionnement : formes anciennes et expressions contemporaines

Les éléments (eau, terre, air, feu) et leur fonctionnement : formes anciennes et expressions contemporaines

Lille 3 : 14 novembre 2014

Gent : 21 novembre 2014

Organisateurs : Constantin Bobas (Université Sciences humaines et Sociales – Lille 3) et Gunnar de Boel (Université de Gand)

Les quatre éléments renvoient d’emblée à la philosophie naturelle des Grecs et plus particulièrement aux philosophes présocratiques, à Thalès, Héraclite, Anaximène, Empédocle ou encore Démocrite, qui ont développé cette théorie afin d’approcher la création de l’univers. Même si le concept de quatre ou cinq éléments existe aussi dans l’hindouisme et le bouddhisme, cette théorie parviendra en Occident à travers la pensée aristotélicienne ainsi que par l’intermédiaire des philosophes arabes et qui sera reprise par la philosophie scolastique.

Cependant, en dehors de la philosophie, ce concept trouve des applications dans plusieurs domaines du savoir, de la cosmologie à la médecine, en passant par la biologie et la physique jusqu’à la climatologie. Son caractère protéiforme apparaît également en histoire, en archéologie, en littérature dans des combinaisons inédites, mais qui permet son inscription dans une perspective diachronique afin de nous renseigner sur son utilisation actuelle.

Ainsi, même si on ne considère plus, comme le faisait la philosophie grecque, les quatre éléments (terre, air, eau et feu) comme les éléments ultimes, dont les différentes combinaisons constituent toutes les structures du monde, ces éléments, et les qualités qui leur étaient associées dans la tradition grecque (chaud, froid, humide, sec, amer, doux) restent fondamentaux pour la vie sur terre, pour la perception du monde, et pour la santé des êtres. Cette théorie permettait à Héraclite, par exemple, de considérer l’âme comme un mélange de feu et d’eau, avec le feu comme la partie la plus noble, et l’eau la partie la moins noble. Aristote, de son côté, restait plus près des phénomènes empiriques en mettant déjà l’accent sur la nécessité de donner aux habitants de la cité la disposition d’eaux salubres et d’air respirable.

Pendant ces journées d’étude à Gand et à Lille, dans la prolongation des journées effectuées l’année dernière, on examinera le rôle que ces différents éléments, pris séparément ou dans leur ensemble, jouent dans la tradition classique en observant leur fonctionnement à l’époque contemporaine, et ce dans des domaines aussi divers que l’art, la littérature, la philosophie ou la science.