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Séminaire Lille-Gand : RÉCEPTION DE L’ANTIQUITE GRECQUE, PERSPECTIVES BYZANTINES ET NEO-HELLENIQUES

RÉCEPTION DE L’ANTIQUITE GRECQUE, PERSPECTIVES BYZANTINES ET NEO-HELLENIQUES RECEPTIE VAN DE GRIEKSE OUDHEID : BYZANTIJNSE EN NIEUWGRIEKSE PERSPECTIEVEN

Gent 18 octobre 2013

Lille3 25 octobre 2013

Organisateurs : Constantin Bobas, Université Sciences humaines et Sociales – Lille 3

Gunnar de Boel, Université de Gand

La perception de la culture grecque antique se manifeste généralement par rapport à une position donnée, externe, qui peut correspondre à tout pays, en particulier du monde occidental, et interne pour ce qui concerne la Grèce actuelle. Ces approches ne sont pas stables mais varient selon les époques, les évolutions historiques, sociales, culturelles, les nécessités idéologiques. Dans l’un de ses derniers ouvrages, Parménide, Heidegger développe l’idée que la perception de la Grèce antique en Occident n’est pas parvenue en ligne directe, mais elle est passée par l’intermédiaire de la pensée romaine, avec une certaine incidence dans sa compréhension1. Est-ce que pour autant, la civilisation byzantine puis la culture néo-hellénique, par leur proximité – de langue et d’espace – possèdent un autre accès au monde de l’Antiquité que celui-ci ? Cela revient à poser le problème de l’identité de Byzance, et de celle de la Grèce moderne, qui a n’a pas cessé d’occuper les milieux intellectuels grecs depuis la fondation de la Grèce moderne indépendante. Est-ce que l’Empire byzantin était romain (ce dont les Byzantins semblent être convaincus eux-mêmes) ou hellénique (c’est la conception de l’historiographie officielle de la Grèce actuelle) ? Comment les Byzantins conciliaient-ils leur romanité avec leur héritage culturel hellénique ? Est-ce que, d’autre part, la Renaissance occidentale, avec son ambition de s’inspirer directement de la Grèce antique, païenne, sans passer par l’intermédiaire d’un monde christianisé, a construit une image faussée de la Grèce ? Ainsi, la question de la « vraie » Grèce n’a pas seulement agité les Grecs modernes ; elle est aussi constitutive de l’image qu’ont plusieurs nations occidentales d’elles-mêmes, et donc de leur identité profonde. Il n’est que de regarder l’antagonisme, à partir de l’époque des Lumières et jusqu’au vingtième siècle, entre Anglais, Français et Allemands pour savoir qui d’entre eux sont les « vrais » Grecs. A cet « hellénisme occidental », qui a donné parfois à la Grèce moderne le sentiment d’être dépossédée d’un certain héritage, s’est opposé l’ « hellénisme hellénique » de quelques figures de proue de la vie culturelle grecque moderne. Ce sont des questions à débattre, en prenant toujours en considération différentes constructions idéologiques, nationales ou historiques à une période singulière pour la culture grecque. Ces champs culturels seront saisis soit séparément, soit dans une forme composite où des influences diverses viennent s’ajouter pour proposer des mondes de références particuliers.

L’objectif de cette journée d’études sera de revenir sur cette hypothèse et d’essayer d’examiner quelques indices d’une réception qui, parfois, ne peut pas se présenter comme directe ou indirecte, mais différente. En outre, cette rencontre avec la participation de spécialistes de l’espace grec, et plus généralement des mondes méditerranéens, sera l’occasion de réfléchir sur la possibilité de mettre en place des projets aussi bien dans le domaine de la formation que de la recherche entre les deux universités.