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Séminaire TRADUCTION ET DIALOGUE DES CULTURES spécialité « Etudes européennes » de l’Ecole Doctorale

SALLE 019 DE LA MAISON DE LA RECHERCHE A LILLE 3 le jeudi de 13 A 16 HEURES et à LOUVAIN les 4 février et 1 avril

L’Ecole Doctorale de Lille 3 en partenariat avec ALITHILA, CECILLE et STL ouvre un séminaire destiné aux doctorants sur le thème "Traduction et dialogue des cultures." A compter du 27 janvier 2011, venez entendre à Louvain-la-Neuve ET à la Maison de la Recherche de Lille 3 des spécialistes décliner ces questions passionnantes au cours de six séances.

NOTA BENE : LES SEANCES 1, 3, 4 ET 5 SE DEROULENT EN SALLE 019 DE LA MAISON DE LA RECHERCHE A LILLE 3 de 13 A 16 HEURES

PROGRAMME :

1. le 27/01/2011 SALLE 019 DE LA MAISON DE LA RECHERCHE A LILLE 3 de 13 A 16 HEURES European Translation Theories, Know-how and Specificities. Zuzana Jettmarova, PR, Université Charles, Prague, République Tchèque – Corinne Oster – Thomas Dutoit.

2. le 04/02/2011 LOUVAIN-LA-NEUVE. Histoire de la traduction en Europe, vers une Europe-traduction. Christian Berner – François Thomas. UCL, 1348 Louvain-la-Neuve Faculté de Philosophie, Arts et Lettres Collège Erasme, Salle du Conseil SE RENDRE A LOUVAIN

9h00 : Christian BERNER et François THOMAS (Université de Lille 3) : Histoire de la traduction en Europe, vers une Europe-traduction. 10h15 : Discussion 11h00 : Pause-café 11h30 : Dirk DELABASTITA (FUNDP Namur) : La traductologie : l’infrastructure institutionnelle et informationnelle d’une discipline. 12h15 : Helena AGAREZ (FUNDP/ KULeuven) : La Mort de César : du Voltaire dans le goût anglais ou du Shakespeare dans le goût français. 13h00 : Repas-sandwiches. Tour de table des doctorants

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http://www.langues-et-lettres.frs-fnrs.be/traductologie/activites.html

3. le 10/02/2011 SALLE 019 DE LA MAISON DE LA RECHERCHE A LILLE 3 de 13 A 16 HEURES Influence des traductions sur les langues et cultures européennes. Fiona McIntosh– Lieven D’hulst K.U., Leuven, Campus Kortrijk, Belgique – Elzbieta Skibinska Wroclaw, Pologne

4. le 03/03/2011 SALLE 019 DE LA MAISON DE LA RECHERCHE A LILLE 3 de 13 A 16 HEURESTraductions, adaptations, adoptions. Camilla Cederna, – Enrico Mattioda "L’échec du genre sérieux ? Université de Turin, Italie, Vincenza Perdichizzi Lille

5. 17/03/2011SALLE 019 DE LA MAISON DE LA RECHERCHE A LILLE 3 de 13 A 16 HEURESLa traduction : langue commune ou imaginaire de l’Europe ? Myriam Suchet – Camilla Miglio, Roma La Sapienza, Italie

- Myriam Suchet (Lyon) : La traduction : langue commune ou imaginaire de l¹Europe ?

- Dieter Hornig (Paris 8) : Existe-il un imaginaire linguistique européen ?

- Camilla Miglio (Université de Rome, La Sapienza) : E pluribus plures. Pluralité des langues et traduction dans la poésie italienne et allemande contemporaine. Retours et détours.

6. 01/04/2011 LOUVAIN-LA-NEUVE Circulation et qualité des langues littéraires au sein de l’espace européen. Maryla Laurent – Dan Lungu, Université Cuza, Roumanie

UCL, 1348 Louvain-la-Neuve Halles Universitaires, Place de l’Université Sénat académique

10h00 : Maryla LAURENT (Université de Lille 3) et Dan LUNGU (Université Cuza, Iasi, Roumanie) : Circulation et qualité des langues littéraires au sein de l’espace européen. 11h00 : Pause-café 11h30 : Projets de doctorants

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Infos : ronald.jenn@univ-lille3.fr

PROBLEMATIQUE

La traduction ne serait-elle pas le message de l’Europe ?

Partant de la situation hégémonique dont jouit la langue anglaise à l’échelon mondial, il serait tentant de proposer cet idiome comme moyen de communication unique au sein de la Communauté. Mais serait-il juste que le monolinguisme, fût-il institutionnel, devienne le visage de l’Europe et quel autre modèle de communication l’Europe a-t-elle alors à nous proposer ? C’est la question principale à laquelle souhaite répondre ce séminaire, qui, tout en abordant nécessairement des questions d’ordre général dans le domaine de la traduction, entend en dégager les spécificités européennes. On peut avancer, comme réponse première au monolinguisme, que chacun des Etats qui composent la Communauté s’est construit sur la double idée de nation et d’identité linguistique, lesquelles s’articulent sur une territorialité qui leur serait coexistante. L’un des aboutissements les plus funestes de cette convergence entre Etat, langue et territoire a été les guerres fratricides menées sur notre continent que la construction européenne entend à la fois réparer et prévenir. C’est pourquoi il est difficilement envisageable pour la Communauté de se rallier autour du monolinguisme, mirage de (ré)conciliation. Il s’agit de faire de la diversité une force et de la traduction une identité plutôt qu’un simple canal ou vecteur de communication. Une formule en vogue veut que la langue de l’Europe serait en fait la traduction. On ne saurait refuser de souscrire à ce leitmotiv mais le présent séminaire voudrait également montrer que la traduction est non seulement LA langue mais bel et bien LE message. Je suis européen parce que je traduis, je ne peux être européen qu’en traduisant. La traduction ne reflète pas une division mais affiche une diversité. La cabine où s’assoit l’interprète à la Commission de Bruxelles n’est pas une annexe mais une pièce maîtresse.

OBJECTIFS

- S’interroger sur la façon dont la construction européenne multilingue est jugée à l’aune de son plurilinguisme et comment la traduction affecte la ou les identités culturelles, linguistiques et politiques de l’Europe.
- Analyser et accompagner l’effort de construction par la traduction auquel se livre quotidiennement l’Europe et les Européens.
- Apporter aux jeunes chercheurs un ensemble de repères coordonnés dans l’histoire et la géopolitique de la traduction européenne afin qu’ils soient à même d’intégrer cette problématique à des travaux qui sont le savoir de l’Europe de demain.

DESCRIPTION GENERALE

Totalisant 5 nationalités différentes ce séminaire offre une série de regards croisés sur la traduction en Europe afin de fournir aux étudiants un ensemble de repères coordonnés dans ce domaine de la connaissance partagé par tous mais si méconnu. Issus d’aires linguistiques et culturelles différentes : allemande, anglaise, belge, espagnole, française, italienne, tchèque, polonaise mais également de domaines de la connaissance diversifiés : littérature comparée, traductologie, philosophie, les intervenants, jeunes chercheurs (2 doctorants et 1 post-doctorante) et confirmés, représentent des laboratoires, des universités et des pays différents de manière à dresser un panorama aussi complet que possible des phénomènes recoupés sous le vocable de traduction et du dialogue entre cultures qu’il induit. Le séminaire se déroule en six séances de trois heures le jeudi après-midi par quinzaine tout au long du second semestre. La progression implique les étudiants :
- en amont, par la remise d’un bibliographie et la communication de pistes de réflexions
- en aval, en incitant les étudiants à faire part à leur directeur de recherche des incidences, influences, retombées et impact des séminaires sur leurs travaux. Certaines séances ont un temps d’interactivité consacré à des travaux dirigés mis en œuvre à la suite des exposés théoriques conduits par des experts de la thématique abordée (signalées dans le programme par le symbole). Enfin, s’agissant de dialogue des cultures, l’interactivité entre étudiants est encouragée et le séminaire est également un lieu de rencontre permettant aux jeunes chercheurs travaillant eux-mêmes sur des aires culturelles différentes de confronter leurs propres travaux et points de vue.

RESEAUX (INTER)NATIONAUX ET/OU EUROPEENS

Le séminaire s’appuie sur divers réseaux, projets et structures : le réseau EST Europe Espace de la Traduction qui lie les universités de Lille Naples Vienne et Paris VIII, le réseau HMI « Herméneutique, Mythe, Image » (grand nombre d’universités en Belgique, France, Italie, Suisse ), le réseau « La traduction comme moyen de communication interculturelle » (Cracovie Lille Mulhouse Wroclaw) ; le projet ANR HTLF (Histoire de la Traduction en Langue Française) ainsi que le Master MELEXTRA (Métiers du Lexique et de la Traduction). ERASMUS : une partie des intervenants internationaux se déplacent grâce aux accords bilatéraux existants entre Lille 3 et leur université dans le cadre de Mobilités Enseignantes Erasmus. Le séminaire sera également l’occasion de renforcer les liens existants entre les universités de Lille, Leuven et Prague.

PROGRAMME SCIENTIFIQUE DETAILLE

1. European Translation Theories, know-how and specificities. (Zuzana Jettmarova,– Corinne Oster – Thomas Dutoit)

Cette séance entend poser un jalon important à la fois dans le parcours du séminaire mais également dans celui des études en traduction. En effet, le Professeur Zuzana Jettmarova de l’Université de Prague dévoilera ce qui constitue quelque peu la face cachée des Translation Studies, c’est-à-dire l’apport considérable de ce que l’on a appelé l’école tchécoslovaque. Née, comme son nom l’indique, au cœur de l’Europe des années 1950-1960 mais au-delà du rideau de fer, ce courant resté méconnu pour des raisons historiques évidentes peut se targuer d’être à la source de toutes les théories qui ont ensuite, elles, été considérées comme novatrices dans le domaine : Skopos et Handlungstheorie en Allemagne puis Polysystem en Israel, lesquels sont à l’origine des Translation Studies telles que maintenant portées par Mona Baker, Susan Bassnett, Maria Tymozcko ou Edwin Gentzler et dont les Cultural puis Power turns ont constitué des temps forts. Corinne Oster, qui anime le séminaire de traductologie du Master MéLexTra fera justement une présentation de ces différents courants, héritiers plus ou moins avoués de la tradition tchécoslovaque. Thomas Dutoit nous parlera de Jacques Derrida, de son approche de la traduction et de comment la traduction peut l’approcher : "Derrida. In, on, around translation."

2. Histoire de la traduction en Europe, vers une Europe-traduction (Christian Berner – François Thomas)

L’objectif de la séance sera d’une part de présenter brièvement les grandes étapes de l’histoire de la traduction et de ses conceptions, et d’autre part, de donner un aperçu des principales problématiques philosophiques liées à la question de la traduction. Nous évoquerons notamment les enjeux éthiques et politiques de celle-ci dans le cadre des débats actuels sur la diversité linguistique et culturelle.

3. Influence des traductions sur les langues et cultures européennes (Lieven D’hulst – Fiona McIntosh – Elzbieta Skibinska)

Cette séance propose une étude diachronique de la circulation des savoirs par le biais de la traduction en Europe. « La (non)traduction intrabelge au XIXe siècle entre Flamands et Wallons. » Lieven D’hulst. Descriptif à venir. « Traduire The Decline and Fall of the Roman Empire au XIXe » Fiona McIntosh. The Decline and Fall of the Roman Empire a été abondamment traduit que ce soit en français par Guizot/Suard (1812, 1828) en allemand par Wenck, Schreiter and Beck (1805-1807) puis par Johann C. Sporschil (1837, 1862), en russe, en néerlandais, en italien et en polonais. L’ouvrage monumental joue de ce fait un rôle important dans l’histoire de la circulation des idées en Europe, par son influence durable. Nous nous intéresserons plus particulièrement à la traduction des chapitres les plus polémiques et les plus ironiques de l’œuvre de Gibbon, le chapitre XV et XVI. Nous fonderons notre étude principalement sur le travail de Guizot et de Sporschil, historiens tous les deux.

Elzbieta Skibinska. La traduction, située dans l’ensemble des relations au sein desquelles elle est produite, peut être vue comme un acte social. Une telle approche conduit à poser des questions qui portent « sur les enjeux et les fonctions des traductions, leurs agences et agents, l’espace dans lequel elles se situent et les contraintes, à la fois politiques et économiques, qui pèsent sur elles » (Heilbron, Sapiro). Ces questions concernent une activité qui, de par sa nature même, est imbriquée dans un espace de relations internationales, dans lequel jouent diverses forces culturelles, politiques et économiques. Du fait de la distribution inégale de ces forces, la communication interculturelle opérée par le moyen de la traduction est un « échange inégal » obéissant à des facteurs de nature autre que linguistique, littéraire, artistique... L’action de ceux-ci se manifeste entre autres par un flux de traductions inégal qui fait du système mondial de traduction un espace fortement hiérarchisé. En partant des données quantitatives et en adoptant une approche sociologique, on montrera les fonctions que la traduction joue dans le champ éditorial polonais après 1989.

4. Traductions, adaptations, adoptions (Camilla Cederna – Enrico Mattioda – Vincenza Perdichizzi)

Si l’Europe se traduit dans la synchronie, une grande part de l’activité de traduction concerne le transfert de textes du passé. C’est pourquoi, l’objectif de cette séance est de se pencher sur l’histoire et la pratique de transferts culturels en Europe, dans le domaine du théâtre de l’époque moderne au présent (Italie, France, Espagne, Grande-Bretagne). On essayera de s’interroger sur les problèmes théoriques et pratiques posés aujourd’hui par la traduction de pièces de théâtre des XVIIe et XVIIIe. Prenant la forme d’une table ronde, la séance donne ensuite lieu à un atelier pratique de traduction.

5. La traduction : langue commune ou imaginaire de l’Europe ? (Myriam Suchet –Camilla Miglio)

La modalité interrogative donne forme à la dimension problématique, voire polémique, de l’approche proposée. La notion d’imaginaire, qui fait signe vers la littérature, indique l’intérêt croissant des linguistes pour la diversité des pratiques linguistiques – jouée contre la représentation à prétention scientifique de « la langue ». C’est à une semblable archéologie de « la traduction » qu’invite cette réflexion. Il s’agit donc de débarrasser la pratique comme la théorie de la traduction d’un certain nombre de présupposés bien établis : transfert d’une langue source à une langue cible, barrière de la langue, pont entre les cultures, etc. Redéfinie comme une transgression permanente des frontières, la traduction pourrait bien devenir un modèle à partir duquel repenser l’Europe en tant qu’espace commun vécu et site de pratiques traductionnelles entrecroisées. Tandis qu’une certaine représentation de l’Europe perpétue sa tendance séculaire à l’universalisation, l’imaginaire traductionnel de l’Europe. Le matériau mis à disposition des participants consistera en :
- extraits de textes littéraires écrits à la croisée des langues (donc langue source hétérogène) avec des traductions de ces textes vers différentes langues européennes
- articles de presse et autres choses vues et entendues par les uns et les autres, l’idée étant de procéder à une analyse du discours social ambiant autour des problématiques linguistiques européennes.

6. Circulation et qualité des langues littéraires au sein de l’espace européen (Maryla Laurent – Dan Lungu)

A partir de l’ouvrage Fictions européennes, trente écrivains européens parlent de l’Union européenne et de l’espace, en langue originale et en traduction française, dans le cadre de la Présidence française de l’Union européenne et de la Saison culturelle européenne. Les étudiants réfléchiront sur la transmission du mystère esthétique de l’oeuvre, l’une des nouvelles, par la traduction. Le travail s’attachera à l’approche des faits d’écriture qui ont rendu le mystère possible dans les écrits source et cible. Les chercheurs déchiffreront également les pratiques de l’écriture qui creusent l’écart sémantique et esthétique lorsqu’une traduction seconde intervient comme ce fut le cas pour la version anglaise de Fictions européennes qui était une version de courtoisie faite à partir de la traduction française.

http://www.langues-et-lettres.frs-fnrs.be/traductologie/activites.html