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Irlande : L’Etrange/Etranger - SAES 2006

Actes du Congrès de la Société des Anglicistes de l’Enseignement Supérieur - Nantes 2006

La barre oblique placée entre deux mots est un signe empoisonné dans la multiplicité sémantique qu’il implique : il sépare, divise – d’un côté, de l’autre côté – tout en réunissant – refus d’une franche verticalité – dans une relation aléatoire qui est elle-même question. A moins que ce signe ne soit justement, pour toutes ces raisons, une richesse. Laissons les faux-semblants : une richesse, bien sûr, et, de manière singulière, lorsque les termes « étrange » et « étranger » se rapportent à l’Irlande. « Etranger » résonne depuis très longtemps dans un pays et dans une société où les apports de populations et de cultures ont souvent – toujours ? – été source de frottements et d’affrontements. « Etranger » encore lorsqu’il faut tout quitter pour un ailleurs plus accueillant, avant peut-être de revenir, sans plus appartenir quelquefois. « Etrange » quand l’individu ou le groupe se trouve en face d’un défaut de familiarité, de l’inconnu, d’une altérité allant jusqu’à la langue, la langue « autre » de la poésie, expression d’une réalité « autre », inexprimable, indicible autrement, tréfonds ou sommet de l’imaginaire. Les textes qui suivent mesurent, chacun à leur manière et dans des domaines très variés, des aspects de cette diversité, en suscitant l’assentiment ou la controverse. Le temps passe. Les temps changent. La question de l’ « autre » demeure.

Marie Mianowski et Bernard Escarbelt