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Colloque Le Goût du Noir - Cerisy -La-Salle

Colloque international "Le Goût du Noir" Cerisy-La-Salle - 17 au 24 juillet 2013 Organisé par G. Menelgado (FORELL - Université de Poitiers) & M. Petit (CECILLE - Lille2)

Poursuivant l’étude de l’extension du domaine du noir, entamée avec la rencontre "La Fiction Policière aujourd’hui", publiée sous le titre Manières de Noir (PU de Rennes 2010), ce colloque se propose d’envisager les différents champs gagnés par l’esthétique et la philosophie de l’enquête, ainsi que la vision de la société qu’elle propose, dans la création des trente dernières années.

La littérature noire étant présente dans toutes les cultures qui l’imprègnent de leurs spécificités, les regards seront tournés, sans négliger les domaines français et anglo-saxon, vers l’Amérique du Sud, l’Afrique, l’Asie.

Puisque le cinéma et la littérature n’ont cessé de dialoguer sous le qualificatif commun de "polar", l’on se demandera notamment ce que l’image, art du visible, vient ajouter au mystère, art de la suggestion, comment elle se joue des ellipses et éclipses du texte écrit qui permet de ne pas "dire la vérité", et si l’action se substitue à l’énigme, les milieux, si importants dans les romans, devenant de "simples" décors. Qu’en est-il aussi de l’évolution du genre dans les nombreuses séries télévisuelles qui s’en inspirent, et tendent à inventer des styles des personnages, des scénarios jusqu’alors inédits ?

Par ailleurs, ces dernières décennies, la bande dessinée est passée rapidement de la ligne claire à l’image sombre, en s’appuyant sur le cinéma et la littérature : l’on se demandera ce qu’il en est de ces images-là, ce qui peut les dégager d’un statut de pures illustrations de textes, ou de reprises de schémas largement utilisés dans le film, bref si la bande dessinée invente un "polar" spécifique.

Enfin, au-delà des questions de genre et d’esthétisme, au-delà des questions sociales et politiques posées par le "noir", il faudra s’interroger sur le pourquoi. Pourquoi notre si grande fascination du mal, de la peur, de la mort, et notre universelle envie de savoir, de remonter à la cause, la source, l’origine ? Pourquoi ce goût si largement partagé du "polar" sous toutes ses formes, notre besoin de confrontation au pire, et qu’on nous raconte, indéfiniment, cette histoire-là sous des intrigues différentes, nous fournissant à chaque fois une "fin", un "coupable", une "raison" qui, pour quelques instants, apaise notre inquiétude. Il sera donc temps d’interroger la philosophie, la sociologie, la psychanalyse ou l’anthropologie sur notre besoin de peur, de malaise, d’horreur, sur la capacité de fascination des morts imposées.

Plus d’informations et inscriptions : http://www.ccic-cerisy.asso.fr/noir...