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Pouvoirs, sociétés, cultures

L’axe 5 regroupe des chercheurs travaillant sur de très nombreuses aires géographiques, plus spécifiquement Asie-Pacifique, Europe dont UE ou Commonwealth. L’objectif affiché est de concilier recherche appliquée à une aire géographique de référence et recherche transversale et comparative entre les différentes aires, pour faire apparaître ce que celles-ci peuvent avoir en commun, par exemple en terme de relations entre centre et périphérie, ce qui correspondait à une direction de recherche priorisée lors du précédent quadriennal.

La question du pouvoir et des territoires se pose ainsi tant au niveau national (Espagne et Catalogne, Royaume-Uni et Écosse, espace asiatique, Fédération de Russie) qu’au niveau supranational (UE, Zone euro, espace Schengen). À l’échelle de la nation, le travail d’analyse sur les mouvements indépendantistes n’a rien perdu de sa pertinence en 2015, avec une réflexion sur les notions de subsidiarité et solidarité des territoires ; à l’échelle supranationale, le même constat s’impose, les débats et les crises à l’échelon national interférant avec la politique de l’UE, que ce soit en Ukraine ou dans le cas du référendum britannique sur une éventuelle sortie de l’Union européenne (Brexit) par exemple. Les partis ou médias fournissent ici un objet d’analyse essentiel, qu’ils agissent en tant que partis gouvernementaux ou d’opposition, médias nationaux ou régionaux.

Au cœur des analyses axées sur territoires, pouvoirs, sociétés et cultures, on trouve les migrations qui ne peuvent être considérées comme des phénomènes nouveaux et uniques et imposent que les chercheurs les abordent dans une optique transnationale (Fuite et expulsion des Allemands après la Seconde Guerre mondiale, Exode et départ massif des populations russes des ex-républiques soviétiques après la chute de l’URSS). Les flux migratoires et l’intégration des migrants (réfugiés politiques, migrants économiques, demandeurs d’asile) interrogent non seulement les politiques nationales ou supranationales, ils imposent de mettre en perspective les différentes sociétés et leur conception de l’accueil et de la solidarité.

L’axe 5 s’intéresse également à la question de la citoyenneté et des modes de représentation à travers les Cultural Studies, envisagées comme l’étude de l’évolution des pratiques culturelles (fussent-elles très ordinaires) et de ce qu’elles disent d’une société. À la croisée de l’histoire, de la sociologie, de la littérature, de l’anthropologie culturelle, les réflexions engagées proposent ainsi une démarche transversale des cultures minoritaires, populaires et postcoloniales. L’étude des productions symboliques dans leur lien au pouvoir, le dépassement des frontières disciplinaires des sciences sociales, l’analyse discursive, le décentrement des discours, la pensée de l’histoire et de la traduction, l’universalisme et le différentialisme, sont privilégiés. Le post-colonial renvoie à des objets, en particulier les traces laissées par les expériences diverses de la domination coloniale. Il renvoie en outre à des positionnements théoriques et politiques concernant l’étude des ces objets, tant dans les études littéraires qu’en sciences humaines et sociales. Convoquant les enjeux de mémoire, notamment de la colonisation et de l’esclavage, cette thématique ouvre la voie à des questionnements quant à la nécessité, ou non, de reconstruire un champ de recherche spécifique ou encore celle de poser le postcolonial comme un questionnement important qui ne peut être isolé des autres modes de questionnement critique. Là encore est privilégié l’articulation de divers niveaux d’analyses : local, national et transnational.

Que ce soit en Asie (Japon par exemple) ou en Europe (Allemagne, Espagne, Portugal, espace post-soviétique), le travail de mémoire sur les dictatures continue de générer d’importantes recherches. Les recherches les plus récentes tendent à faire émerger une mémoire européenne, voire même globale, sans que l’on néglige pour autant la déclinaison entre mémoires individuelles et mémoire collective, la confrontation avec la mémoire institutionnelle (mémoire des Guerres Mondiales, conflits locaux). En lien avec les questions d’identité, l’analyse des pratiques culturelles et des politiques culturelles mises en œuvre est déclinée dans toutes les aires géographiques représentées au sein de l’axe 5. Les transferts culturels retiennent ici tout particulièrement l’attention. Vers quels modèles culturels ces sociétés évoluent-elles par exemple, modèle multiculturel fondé sur la tolérance ou société exclusive disposant d’une « culture de référence », servant à refouler les groupes ethniques ou sociaux jugés indésirables ? L’ensemble des productions des chercheurs regroupés dans l’axe 5 permet de voir émerger une histoire européenne, voire une histoire globale.