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La flamme de l’éternité – Essais sur la pensée de Friedrich Nietzsche

Krysztof Michalski, (trad.) Maryla Laurent

Éditions Zofia de Lannurienpage de l’éditeur

ISBN : 978-2-9538791-5-5 • février 2013 • 320 pages

Présentation

La flamme de l’Éternité réexamine et propose une nouvelle interprétation de la philosophie nietzschéenne, notamment le rôle central que jouaient les concepts d’Éternité et de Temps, tels que le grand philosophe les entendait.

Selon Krzysztof Michalski, les pensées de Nietzsche sur l’existence humaine sont intimement liées au Temps, qui ne peut se concevoir à son tour sans l’Éternité. L’Éternité est non seulement une mesure du Temps mais encore, comme Michalski le montre, un concept que Nietzsche qualifiait avant tout de physiologique, inséparable du corps.

Le corps vieillit et décline, nous impliquant dans une lutte sans merci contre notre mort ultime. Ce conflit intérieur naît d’une réalité tragique dans laquelle nous parvenons à saisir l’Éternité et la limite du Temps. Nietzsche soutient que l’humanité a longtemps considéré l’impermanence de notre vie comme une blessure à cicatriser : une “pathologie” que Nietzsche nomme le nihilisme.

Argumentant que cette connaissance réside au cœur de la philosophie nietzschéenne tout entière, Michalski cherche à expliquer et à réinterpréter la réflexion du talentueux philosophe à la lumière de ce raisonnement. Ainsi, il soutient que de nombreuses idées majeures de Nietzsche — y compris ses points de vue sur l’amour, la morale (Par-delà le bien et le mal), la Volonté de puissance, l’instinct de conservation, le Surhomme, la Mort de Dieu, et le mythe de l’Éternel retour — prennent un sens inédit et une nouvelle signification lorsqu’elles sont perçues à travers le prisme de l’Éternité.

Note de Maryla Laurent

Le nom de Nietzsche est associé, quasi instantanément, au fameux « Dieu est mort » du philosophe. Mais comprenons-nous bien ce que cet immense penseur entendait par là ?

Krzysztof Michalski, chercheur polonais, s’en inquiète à travers une lecture attentive des œuvres du père de Zarathoustra. D’une manière très originale, il inscrit celles-ci dans le continuum de la réflexion humaine et n’hésite pas à remonter jusqu’à l’Antiquité. Et c’est bien l’idée de mort, tellement insupportable à l’homme, qu’il place en toile de fond ! Il n’hésite pas à mettre en parallèle la préservation de la virginité qui faisait les saintes au Moyen Âge avec le souci de nos contemporains qui font souffrir leur corps dans les salles de sport.

À l’horizon de ces modes d’existence ne faut-il pas voir un désir permanent d’éviter le processus de changements irréversibles et de dégénérescence progressive qui mènent à la mort ? Michalski met en lumière cette inquiétude chez Nietzsche où elle devient volonté de puissance. Il analyse les pages majeures des Considérations inactuelles sur l’oubli, la mémoire et la pertinence du regard, convoque Cioran et nous démontre, non seulement la continuité historique de la réflexion philosophique, mais aussi et surtout ce qui est au-delà de notre condition physique, qui pourtant en est le vecteur, à savoir l’idée d’éternité.

Est-il dès lors surprenant que Zarathoustra renvoie au Christ ? « L’avenir et le passé ne sont pas des moments indépendants, écrit Krzysztof Michalski, mais un seul et même “clin d’œil”, l’éternité. L’éternité, la transformation du temps inscrite dans chaque instant de ma vie, clin d’œil qui regroupe tout mon passé et ouvre complètement sur l’avenir, transformation qui, nous assure saint Paul, fait entrer Jésus – le Messie, le Sauveur – dans notre vie. L’éternité, c’est toucher de Dieu. »