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La littérature française en traduction

La collection « le Rocher de Calliope » est dirigée par Maryla Laurent

Qu’en est-il de la littérature française en traduction ? Quels livres en lit-on dans la lointaine Mongolie, dans la très proche Belgique lorsqu’on ne connait pas le français ? Plus d’une vingtaine de chercheurs répondent à cette question et à de nombreuses autres. Ils expliquent aussi la virtuosité qu’exige la restitution des contraintes formelles de Georges Perec en hébreu, la difficulté qu’il y a à préserver, en polonais, l’élégance de Le Clézio, l’oralité d’Anna Gavalda, ou, en italien la poétique surréaliste de Robert Desnos. Et que dire des infortunes d’Amélie Nothomb ! L’ indispensable respect du contexte, la symbolique si difficile dans ses non correspondances d’une langue à l’autre, l’hétérogénéité culturelle sont étudiées en prenant pour exemple des auteurs comme Maupassant, Prévert, Van Crugten. Les articles parlent aussi de la réception des Bienveillantes en Allemagne, des Particules élémentaires en Pologne, de l’originalité des éditions de Queneau en Grande-Bretagne, de Marguerite Yourcenar en Finlande. Une place importante est accordée aux changements intervenus depuis la réunification de l’Europe. L’entrée en économie de marché de l’ancien bloc de l’Est a profondément modifié la politique éditoriale. Un pays comme la Lettonie doit faire des choix difficiles dans une littérature française trop importante pour ses moyens éditoriaux. Les prix littéraires prestigieux influent, évidemment, sur la décision de publier un auteur plutôt qu’un autre, mais que devient le patrimoine littéraire jamais traduit ? Entre notoriété et absence, la littérature française souffre de plus en plus du déclin de la langue française. Pourquoi préfère-t-on traduire la bilingue Nancy Huston en italien à partir de la version anglaise plutôt que de la française ? Le théâtre conserve une timide présence hors de France, quelques revues étrangères persévèrent à promouvoir les auteurs français, mais les traducteurs ayant une bonne connaissance du français et de la culture française commencent à manquer.

Le statut du traducteur change, lui aussi. De plus en plus nié comme un amoureux de la langue étrangère et un auteur dans la sienne, le traducteur doit lutter contre l’invisibilité qui lui est imposée. La qualité des traductions s’en ressent. En 1940, un officier polonais prisonnier des soviétiques racontait À la recherche du temps perdu à ses compagnons d’infortune, le soir, dans le froid. En 1951, à Riga, le « Groupe français » était condamné à de longues années de relégation en Sibérie pour son amour de la littérature française. La littérature française en traduction autorisait la liberté de l’esprit. Qu’en est-il de la différence française aujourd’hui ? Demain, traduira-t-on encore la littérature d’une langue « vernaculaire » européenne dans une autre ?

SOMMAIRE LIVRE 1 : APPROCHES DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISE

De l’importance existentielle de la littérature française Maryla Laurent

Traduction des oeuvres françaises en langue mongole Bolat Altangul

La littérature française en langue lettone Astra Skrabane

Les textes littéraires français en langue allemande Alfred Strasser

Les livres français pour la jeunesse en traduction polonaise (1945-2008). Entre notoriété et absence Natalia Paprocka

La scène ouvre ses frontières. Le théâtre contemporain français en Pologne après 89 Alicja Paszkowska

La littérature française dans la revue polonaise Literatura na Świecie (1971-2008) Tomasz Stróżyński

Les prix littéraires français en Pologne (1989-2008) : un « petit précis du roman contemporain » ? Małgorzata Tomicka

Le roman français dans l’espace éditorial polonais après 1989 Elżbieta Skibińska

Contre le mythe de « l’invisibilité du traducteur ». L’oeuvre de la traductrice Anna Wasilewska Regina Solová

Portrait d'André Gide, dessiné de mémoire par Kurts Fridrihsons à Omsk. Publié avec l'aimable autorisation de AKKA/LAA

Portrait d’André Gide, dessiné de mémoire par Kurts Fridrihsons à Omsk. Publié avec l’aimable autorisation de AKKA/LAA Agence lettonne © des droits d’auteur, 2010.

LIVRE 2 : APPROCHES DES AUTEURS FRANÇAIS

L’importance du contexte dans la traduction littéraire. L’exemple de Boule de suif et Le Horla en traduction néerlandaise Martine de Clercq .

Langue et réalité, liberté et contraintes dans la traduction de Georges Perec du français en hébreu Ziva Avran

Traduire la prose poétique surréaliste. Le cas de La Liberté ou l’amour ! de Robert Desnos Tania Collani

Traduire la voix des enfants : le cas de Lignes de faille de Nancy Huston en traduction italienne Chiara Elefante

Milan Kundera : un écrivain revient chez lui en traduction Martin Petras

La traduction en finnois de l’OEuvre au Noir de Marguerite Yourcenar Iwona Piechnik

Raymond Queneau et la traduction anglaise. Le cas de Exercises in Style chez Gaberbocchus Press de Franciszka et Stefan Themerson (1958) Ronald Jenn

Jacques Prévert et ses Contes pour enfants pas sages ou la symbolique des animaux Agata Śluzar-Dobrowolska

La diversité disparue. Observations sur « la prononciation de banlieue » dans la traduction polonaise de Total Khéops et Ensemble, c’est tout Jadwiga Cook

Traduire l’hétérogénéité culturelle. Le cas Des fleuves impassibles d’Alain van Crugten Jeremy Lambert

Fortunes et infortunes de l’oeuvre Amélie Nothomb traduite en polonais Justyna Łukaszewicz

Michel Houellebecq en traduction polonaise Marek Tomaszewski

Jean-Marie Gustave Le Clézio en Pologne : une présence discrète Jerzy Brzozowski

Y a-t-il une « différence française » dans les lettres européennes ? Guy Fontaine.

QUI SONT LES AUTEURS DES ARTICLES ?

Collection le Rocher de Calliope
- Numilog Paris 2010 -

www.numilog.com

ISBN 978-2-9529140-2-4

Prix en ligne : 19 €