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Avant-propos

Le numéro monographique que nous présentons au public a sa première origine dans les débats de deux journées d’études tenues à l’Université Lille 3 les 24 et 25 novembre 2005, dans les locaux du Centre José Saramago, Centre de Langue Portugaise de Camões, I. P et de l’Université Lille 3, pour commémorer le deux cent cinquantième anniversaire de la catastrophe qui ruina Lisbonne dans la matinée du 1er novembre 1755. Mais il n’offre pas le simple registre des exposés et interventions de ces rencontres séminales. La réflexion et la discussion, engagée par les chercheurs de trois laboratoires – CECILLE et STL, Lille 3, ERIMIT, Rennes 2 – se sont poursuivies au fil des années, dans le cadre des activités du Centre José Saramago. Elles se sont enrichies de contributions nouvelles, stimulées par les échos que le souvenir du désastre a éveillés après les séismes sous-marins et les terribles raz-de-marée du 26 décembre 2004, dans l’océan Indien, et du 11 mars 2011 au Japon. Tel qu’il est, nous espérons que cet ensemble d’études, auquel sont annexés des documents difficilement accessibles en français, apportera un éclairage intéressant sur les chemins contrastés par lesquels le cataclysme a imprimé sa marque dans la conscience des élites européennes et suscité, au Portugal même, une manière nouvelle de répondre aux exigences de l’action gouvernementale. La destruction spectaculaire de cette capitale prestigieuse par la combinaison des trois formes paradigmatiques du bouleversement cosmique – ébranlement de la terre, déferlement de la mer, conflagration – a sans doute frappé les esprits par son ampleur et sa brutalité, mais sa notoriété tient aussi à ce que les réactions qu’elle a provoquées ont, par une conséquence paradoxale et inattendue, liquidé, au moins en Europe, la domination institutionnelle de l’explication religieuse des catastrophes naturelles.

À l’heure où Atlante voit le jour, nous avons souhaité que ce numéro constitue le premier volume de la nouvelle revue dédiée aux études romanes à l’Université Lille 3. Nous adressons ici nos remerciements à nos collègues hispanistes et italianistes pour leur adhésion à ce projet, pour leur contribution active et leur soutien aux études portugaises en France. Et c’est au nom de ce même soutien, fondamental, qu’ils ont bien voulu nous apporter, sous des formes différentes, que nous exprimons notre plus vive gratitude aux contributeurs de ce numéro, à son comité scientifique, aux évaluateurs, aux collègues qui nous ont généreusement offert les photographies qui illustrent le texte – Isabel Drumond Braga, Marie-Noëlle Ciccia, Marc Dujardin –, aux institutions qui nous ont cédé le droit à l’image – NISEE, University of California, Berkeley, Museu Nacional do Azulejo de Lisbonne et Maria Antónia Pinto de Matos, sa directrice –, à Godeleine Logez, enfin, relectrice fidèle, généreuse et attentive de nos travaux.

Texte complet :



    Atlante : Revue d’études romanes                 ISSN 2426-394X                 atlante.secretariat@gmail.com